Exposition organisée
avec l'aide de Violetta Liagatchev, Michel Engel et O-ZI
Plasticien, programmeur, Gérard Giachi
a très vite choisi la vidéo comme médium. Et la
performance pour réaliser les images. Pour lui, pas d’œuvre
possible sans expérience. L’art doit être vivant.
Doit vibrer. Chacune de ses productions est un organisme qui s’hybride
et mute pour échapper à une norme anthropophage qui, dans
sa quête de progrès archéo-libéral, développe
son propre système d’autodéfense. Marchande l’identité
pour en faire de l’identifiable. Anarchiste solaire, Gérard
Giachi élabore des projets qui réfutent l’idée
de personne jouant le jeu de l’hypocrisie sociale. Celle de sujet
aussi, par essence fabriqué pour souscrire. Il refuse la règle
de l’isolement normatif. Ses machines sont des machinations tribales.
Elles explorent les restes de la conscience humaine.
1986/2000, Around the World, Across the
World : un puit sans fond d’images
volées sur le net en live. Pas de tri. Toutes les images. Celles
qui surveillent, bercent, rassurent, choquent. Elles défilent,
sans fin. Le grand jeu du petit artiste
contemporain (1), 1997 : des premiers
pas à la reconnaissance internationale, le parcours du parfait
petit artiste résumé en un jeu vidéo, comme on
en trouve dans tous les bars. 1998. Autoportrait :
mon temps m’appartient. Un autoportrait en forme de vanité
réalisé à la manière d’un biologiste
filmant en temps réel une fleur de sa sortie de terre à
son éclosion. Claude/Belsunce
(2), 2002 : scène de rue, de passage. En léger décalé,
venues d’ailleurs, les images superposées d’un danseur
qui chute, se lève, vrille, et retourne à terre.
Le fil rouge de ces quatre pièces ? Elles célèbrent
les passions, mettent en jeu la fragilité de l’individu.
Sa part irréductible. Ces installations ne rejouent jamais le
même scénario. Elles sont programmées pour exalter
l’éphémère. Instituantes, elles rappellent
qu’il n’y a jamais eu et n’aura jamais de société
purement fonctionnelle.
Francis Cossu, février 2003
- Avec une musique originale de Suspifun.
- Claude
Aymon est le danseur, avec une composition du ”Kintet”
de Bertrand Daurat.
A Lire également
Un autre texte de Francis Cossu sur G. G
: Dans les règles de l'art
la fête !
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